L’armée a peut-être nettoyé les ruelles de la Médina de Mutsamudu, mais aucun belligérant n’a été appréhendé. Seules 3 armes auraient été ramassées sur, on ignore, combien. Mais néanmoins le parti Ulezi se réjouit que la vie reprenne son cours normal, le calme est revenu, la population vaque à ses activités quotidiennes, même si la peur au ventre reste omniprésente.


Le Ministre de l’intérieur annonce avoir arrêté le commanditaire de la violence meurtrière du Mutsamudu en la personne du Dr Salami, gouverneur de l’île d’Anjouan. Soit, comme le même Ministre avait arrêté et assigné à résidence, par simple décision administrative, le président Sambi sans que les autorités judiciaires soient saisies.

Dans notre république bananière, la présomption d’innocence est frappée de proscription. Tout individu haï par les apparatchiks présidentiels, du fait de son opposition au pouvoir, est régulièrement arrêté et jeté dans les geôles sans avoir été préalablement entendu par la justice.  Dans la mesure où aucune possibilité ne leur est offerte pour se défendre, des citoyens se retrouvent souvent, pour des raisons politiques, dans les cachots sans jugement. Dans notre pays les dirigeants du pouvoir s’autoproclament démocrates et en même temps ils étouffent toute éclosion de l’opposition. Ils veulent un parti unique avec des béni-oui-oui qui s’affichent avec eux partout dans les quatre coins de l’archipel des Comores.


Azali et son gouvernement veulent tenir tout le pays en laisse. Ils créent des événements tragiques pour atteindre des objectifs obscurs et nauséabonds. Aujourd’hui l’on est endroit de se poser des questions relatives à toutes ces violences de ces derniers temps. Le gouvernement du colonel n’est-il pas en train de maquiller des péripéties pour justement appréhender certains individus considérés pestiférés ? Si des éléments incontrôlés avaient menacé la sécurité et la paix aux Comores pendant toute période de la semaine passée, aujourd’hui ils sont partis sans être inquiétés, comme si de rien n’était. Où sont-ils ? Qui sont-ils ? Le comportement irresponsable du chef de l’Etat et de son gouvernement de vouloir fagoter le pays entier en créant des scènes, de ces rares violences et très effrayantes, est ignoble.  Ils jouent avec la vie de la population pour des raisons d’égocentrisme sordides. C’est inacceptable. En agissant dans le cadre de ce plan machiavéliques, le président Azali met en danger l’unité et l’existence même de toute la population comorienne dans son ensemble.


La paix, la stabilité, la sécurité du peuple comorien et l’unité nationale doivent être à tout prix préservés et les comoriens représentés par les partis politiques d’opposition, la société civile et le président de la république doivent reprendre le dialogue initié par l’Union Africaine et sous l’égide de celle-ci.


Si réellement le président Azali Assoumani veut la reprise des pourparlers, le parti Ulezi , comme l’ensemble du peuple comorien , tient à rappeler à l’Union de l’Opposition qu’elle  a le devoir d’exiger du chef de l’Etat l’application sans délai des mesures d’apaisements telles qu’ont été élaborées par le représentant de l’Union Africaine. Le parti ulezi considère que la mise en place de ces mesures reste la seule issue pour une vraie sortie de crise.

Par ailleurs, la libération immédiate de tous les prisonniers politiques sans exclusion ainsi que le respect strict de la liberté de presse constituent une des conditions sine qua non de la reprise des discussions.

Lyon le 23 Septembre 2018      

Natuk Mohamed Mouzaoir

1 er Sécretaire National Ulezi

 

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