MOBILISATION EN FAVEUR DE LA VACCINATION DANS LES ÎLES COMORES

Depuis plus d’une année, maintenant, une impitoyable épidémie tourmente l’humanité tout entière, y compris l’archipel paradisiaque des îles de la lune. On ne cesse de dénombrer, les parents, les voisins, les amis, et même les anonymes, touchés, puis trop souvent, hélas aussi, emportés brutalement par cette horrible pandémie appelée, « maladie à coronavirus 2019 », ou communément dénommée, « COVID-19 ». Les savants du monde entier et les médecins ont officiellement nommé le virus, « SARS-CoV-2 », ce qui en anglais s’exprime comme étant,
« severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 », traduit en français, par « coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère. »
En vue de contenir, un tant soit peu, la propagation de ce virus, sur l’étendue du territoire national et aussi bien, vers d’autres lieux, nous avons assisté de manière extraordinaire ces derniers temps, à une formidable prophylaxie de la population comorienne. Comme jamais auparavant, elle a été accompagnée d’un élan de solidarité et de mobilisation inégalée du peuple comorien, avec bien entendu le concours indéfectible de tous ceux qui vivent hors de nos frontières, mêmement, d’autres peuples présents dans l’archipel des Comores et aussi, des peuples amis de contrées diverses, proches ou lointaines.
D’emblée, la population des îles, la diaspora, la société civile, les opérateurs économiques, les partenaires au développement et les institutions internationales, ont pris les choses à bras-le-corps. Sans failles, ces derniers se sont tous mobilisés, en organisant sous forme de dons, l’octroi de fonds, la collecte de médicaments et la quête de matériels médicaux. Par la suite, lorsque les circonstances le permettaient, l’ensemble était confié aux bons soins de certains et qui derrière, redistribuaient aux Insulaires.
En revanche, on ne pourra pas en dire autant des pouvoirs publics qui pendant la période écoulée, n’ont eu de cesse que de nager dans le brouillard et de confisquer l’essentiel. Les raisons sont multiples et connues, notamment, une politique de santé publique déplorable, bêtement jumelée à une stratégie inadéquate de lutte contre la contagion. Entre autres, les habitants de l’archipel des Comores subissent un ensemble de mesures disproportionnées et qui n’ont comme principales visées que de faire de l’argent, avec le beurre de la crémière, tout en le cachant à la crémière. En prime, un rackette lucratif est sciemment organisé aux dépens des plus défavorisés et pour en finir par-dessus le marché, le plus préjudiciable pour la communauté, c’est d’endurer cette limitation incessante des droits et des libertés, ce qui en fin de compte, annihile toutes contestations des opposants et les maintient dans le même temps, dans une peur, à travers un état de siège permanent.
Aussi, au sens propre des mots, comme au sens figuré, il est flagrant que l’actuel régime est assoiffé de pouvoir, mais également, obnubilé par un mirage de toute-puissance divine qu’il faut préserver autant que faire se peut. Fatalement, leurs facultés psychiques se focalisent

dans l’absurde et dans l’insensé, telles leurs réalisations abracadabrantes qui n’ont souvent pour vocation que de luire éternellement, à l’égal des pyramides ou encore, de la tour Eiffel. La construction du futur centre hospitalier universitaire, en lieu et place de l’actuel hôpital El-Maarouf et l’acquisition de trois groupes électrogènes en sont les exemples frappants. Ces projets ont été constitués par le fait du prince et il va de soi qu’ils ont été décidés sans étude préalable. Tous diront que l’objectif de cette entreprise dantesque est d’être un faire-valoir pour le régime, afin d’éclipser la bérézina et surtout, la tournure actuellement dramatique des choses dans les îles Comores.
À l’évidence, allant clopin-clopant, malgré son obstination à voiler son impopularité, l’actuel occupant de Beit-Salam voudrait ne plus clopiner, tout au contraire, il aimerait cahin-caha, rayonner et raisonner, au moyen de réalisations éparses et par-là il justifiera son auréole imaginaire et il étouffera dans l’œuf toute velléité de récusation de son pouvoir absolu. Ces projets, démesurés et révélés, pourraient être criés de tous et applaudis des deux mains, si et seulement si, ces derniers n’étaient pas la panacée d’une autocratie désintéressée par l’État de droit et la bonne gouvernance.
Par le fait de tentatives inhabiles, tendant à maintes reprises à dissimuler leur incompétence notoire, à altérer la vérité, à minimiser l’ampleur du désastre et à cacher la déprédation des ressources, l’exécutif a incontestablement manqué de transparence sur l’emploi des fonds et sur, la répartition du matériel de protection et de prévention, censés être utilisés dans le cadre de la lutte contre la pandémie. Par la suite et bien malgré lui, il a été contraint de reconnaître la relation de cause à effet, entre la COVID-19 et la surmortalité constatée au cours du premier semestre de l’année 2020.
Plus fâcheux encore, depuis le mois de décembre 2020, on assiste à l’apparition de nouveaux variants du SARS-CoV-2. Il en est un particulièrement inquiétant, contagieux et foudroyant, c’est le « 501Y.V2 », identifié tout d’abord en Afrique du Sud, il est répandu depuis comme un feu de forêt sur notre archipel. On note que sur les réseaux sociaux et les autres organes de diffusion encore libres, chacun y va de sa photo éblouissante, de son commentaire ou de son petit message bienveillant, de considération et de condoléances, à l’endroit de disparus que nous chérissions tant et qui nous manquent déjà terriblement.
Combien faudra-t-il encore de morts dans l’archipel, pour prendre la mesure des choses et réaliser que ce n’est qu’ensemble que nous viendrons à bout de cette terrible maladie ?
En outre, à chacun d’interroger son âme, pour essayer de comprendre, comment revêtir le costume du protecteur et consentir qu’il faille, telle une figurine ou encore un pantin, se limiter seulement à respecter des gestes barrières puis se résoudre pour l’instant, à rester, là, baba, immobile et accepter silencieusement l’épouvantable fatalité qui, les bras croisés, le regard hagard et pétrifiés par la peur, nous entraîne à fixer cette cohorte d’hommes et de femmes, de tous âges, que nous aimions tant, se faire emporter, si loin et si vite, par la mort.
Dans tout cela, le plus difficile et le plus triste encore, c’est de savoir que nos bien-aimés sont partis pour des raisons aujourd’hui remédiables et moyennant un montant si dérisoire, n’excédant même pas dix mille de nos francs, vingt euros. Rendez-vous compte, nous ne les

reverrons plus, alors que jadis, nous avions tant partagé avec eux et beaucoup plus que 20 euros et certainement bien plus que 10 000 francs comoriens.
Incroyable mais vrai, Achata, Fakridine, Faouzia, Amir, Chamsia, Nidhoime, Nousroiti, Gerard, Sandati, Mohamed, Anlawiya, Maoulida, Hadija, Zouber, et tant d’autres, ont été les victimes collatérales de cette déraison rattachée aux autorités comoriennes actuelles et pourtant, en un clin d’œil, ils auraient sans nul doute payé ces 10 000 francs comoriens, voire davantage, pour vivre quelques instants en plus parmi nous, mais surtout, près de leurs familles et près de tous ceux qui les portaient intensément dans leurs cœurs.
Un poète dit que « le plus grand des maux est de devoir soutenir le fardeau de la pauvreté. »
Depuis le mois de décembre 2020, des vaccins efficaces contre ce virus sont disponibles à l’achat. Certains sont proposés à des sommes inférieures, ou équivalentes à ce montant si insignifiant de 10 000 francs comoriens et d’autres le sont pour des montants beaucoup plus conséquents. Ainsi, soucieuses du bien-être de leurs administrés et impatientes de retrouver une vie normale sur tous les plans, des Nations prévoyantes, mais aussi, dignes d’estime, se mobilisent au profit d’une immunisation de leur population, par la vaccination. Plusieurs files d’attente se forment désormais dans de nombreuses villes et celles-ci révèlent la volonté de tout un chacun d’être rapidement immunisé, afin de pouvoir revivre socialement.
Dans les pays développés, on se dote en grande quantité de vaccins recommandés par leurs experts et exclusivement concoctés par leurs industries pharmaceutiques. Ces injections très onéreuses utilisent des techniques nouvelles dans l’histoire des vaccins commercialisés. Les Etats-Unis, le Canada, l’Angleterre, l’Allemagne, la France, le Japon, l’Etat d’Israël, le Qatar, l’Arabie Saoudite, l’Afrique du Sud, l’Île Maurice et d’autres encore, ont privilégié le vaccin de Pfizer/BioNtech, issu d’une collaboration entre les Américains et les Allemands, le vaccin Moderna, créé par une entreprise américaine, le vaccin AstraZeneca/Oxford, élaboré par un groupe britannique en collaboration avec l’université d’Oxford et pour finir, le seul vaccin à injection unique disponible sur le marché et développé par le laboratoire Jansssen, la filiale belge du groupe américain Johnson & Johnson.
De même, mais pour des raisons, pratiques et évidentes, de manipulation, de conservation, de qualité, d’efficacité et de coûts, des pays comme, la Chine, la Russie, l’Inde, la Corée du Sud, la Pologne, l’Autriche, le Belarus, la Serbie, la Hongrie, le Brésil, l’Argentine, le Pérou, le Mexique, les Emirats Arabes Unis, la Jordanie, les Seychelles, l’Égypte, l’Algérie, la Guinée, le Sénégal et d’autres encore, engagés dans une voie de sortie de crise sanitaire, ont choisi des vaccins dont les procédés relèvent des vaccins classiques. C’est le cas par exemple du vaccin russe Spoutnik V, mais aussi, du vaccin chinois Sinopharm, dont les autorités s’engagent en plus, à faire de ces deux vaccins, des biens publics mondiaux, proposés à un prix raisonnable, voire offerts aux pays en développement. Il y a aussi l’Inde et son vaccin VaccineMaitri, etc.
Aujourd’hui, la menace d’une troisième vague plane aux Comores, comme ailleurs. Pour se préserver et en même temps protéger les autres, il ne faudrait plus se contenter de faire des tournées sur l’étendue du territoire nationale et prôner tout simplement le respect des gestes barrières. Comme il est dit dans le jargon sportif, il est indispensable de transformer

l’essai. Ces campagnes ont remporté un franc succès auprès des gens, mais dorénavant, il convient de promouvoir l’immunisation et agir rapidement en vue d’acheter des vaccins car, entendre au quotidien, ces souffles coupés, ces cris de détresse, ces sirènes hurlantes et ne rien trouver à redire, mais juste rester là sans rien faire, à regarder mourir autant de gens de la COVID-19, ce n’est pas simplement une honte de notre part, c’est aussi de l’inhumanité, de l’insouciance, de la lâcheté, voire même, une faute morale et un crime.
Marqués par des empreintes malveillantes, certains esprits s’empresseront de dire que ceux qui vaccinent, sont des pays qui ont de l’argent, ainsi, des moyens pour mettre en place une politique de vaccination digne, rapide et efficace. Nous, de notre côté, nous n’avons rien et une fois encore, il nous faut attendre le train de l’émergence, à l’horizon 2030.
Donc, sonnez hautbois, résonnez musettes, comme toujours, il faut prier, danser et chanter, pour qu’aussitôt, les indigents Africains entrevoient le paternalisme habituel des puissances de tutelle, c’est-à-dire, l’occident, pour que juste après, apparaisse l’impérialisme du dragon oriental et son nouvel appétit vorace, pour les richesses du continent nègre.
Comme à l’accoutumé, la République Française et la République populaire de Chine, ont fait preuve d’impétuosité en dégainant leur armada classique d’assistance aux peuples d’Afrique et bien entendu, au peuple Comorien.
Le Président français a été le premier à faire un signe de la main par téléconférence, à défaut de pouvoir vite aller le rencontrer à Paris, il s’est proposé de trouver des solutions pour venir en aide aux petits Africains vulnérables, Union des Comores inclue, incapables d’acheter des vaccins pour immuniser leurs populations.
Simple coïncidence ou pas, l’Ambassadeur chinois a été reçu juste après à Beit-Salam, il était porteur d’une lettre de son président et devant les photographes du palais, son hôte s’est réjoui de l’engagement des autorités chinoises à offrir une assistance médicale à l’Union des Comores, de plus, il s’est senti comblé par leur état d’esprit altruiste, garantissant en toute équité un accès à leurs vaccins. Incessamment sous peu, avec l’acheminement de sérums, la Chine sera probablement, une fois de plus, au premier rang des grandes puissances de ce monde, à traduire leur engagement indéfectible au côté du peuple comorien.
Et oui, « Messie » a envoyé une lettre et une fois de plus, notre « Mbappé national » ne se satisfait que du geste. Le chiffre avancé est de cinquante mille doses. Qu’à cela ne tienne, on s’en contentera, même s’il est clair que ces injections immuniseront d’abord les partisans du régime. Alors, il leur faut implorer Dieu, avec l’espoir que leurs prières seront entendues et que la Chine expédiera pour eux, des doses BBIBP-CorV, car, jusqu’au jour d’aujourd’hui, ce vaccin soulève encore des appréhensions, auprès de la communauté scientifique mondiale.
Dans le cas contraire, il faut espérer que très vite, au mieux le mois de juin, les partenaires de Gavi et autres, pourraient, malgré les insuffisances, gracieusement avec le mécanisme COVAX et via le programme élargi de vaccination, permettre aux Comoriens, l’accès à des doses COVID-19, pas chères, efficaces, sûres et surtout, financées par de généreux donateurs étrangers. Seulement, il est indispensable que l’équipe en fonction, instaure les conditions pré-requises, afin que les îles Comores soient éligibles au dispositif onusien, COVAX. Cela

étant dit, il faut espérer que les aides COVID-19, allouées à l’Union des Comores, n’ont pas été dilapidées dans l’achat des récents groupes électrogènes, reçus par avion-cargo et en fanfare. Dans cette hypothèse, les autorités seraient bien inspirées, en utilisant ces fonds à bon escient et en s’attelant promptement à mettre en place toutes les conditions requises, pouvant permettre le lancement rapide et dans les meilleures dispositions, d’une campagne de vaccination massive.
Ces conditions ne sont pas particulièrement complexes et elles sont plutôt pavées de bonnes intentions. Il y a par exemple, cette obligation d’user les fonds COVID-19, en connaissance de cause, c’est-à-dire, soit dans la mise en place de postes de répartition des patients, ou soit dans le développement d’établissements de soins de santé de base, le renforcement des centres de soins améliorés, la formation du personnel, la protection des soignants, l’accès aux matériels de protection, l’achat de congélateurs, etc.
En de pareilles circonstances, il est opportun de rappeler l’expression favorite de nos aïeux,
« ufukara, kawu puwa mila, kawu puwa kabila. » Loin de prétendre détenir la vérité absolue sur sa signification réelle, cette déclaration semble prévenir qu’un sort digne de pitié ne peut déchoir la fierté, ne peut déchoir la dignité.
Qu’avons-nous fait de notre fierté, de notre dignité, de notre morale, de notre solidarité, de notre bonté, de notre compassion et de notre charité, humaine, cultuelle et coutumière ?
Assurément, la misère a bon dos et donc, sans contredit, certains ploutocrates voudraient que l’apathie, l’incapacité, l’inertie, mais surtout, la fourberie soient jugées avec indulgence. Une des poutres maîtresses de la démocratie repose sur l’idée que seul le pouvoir exécutif conduit la politique de la Nation. À cet effet et en vue de mener à bien la « Res Publica », la chose publique, les gouvernants se doivent de solliciter le pouvoir législatif, c’est-à-dire la représentation nationale, qui « seule peut rendre présent ce qui est absent. » Comprendra qui pourra, c’est uniquement de la sorte qu’un État peut se prévaloir d’être une démocratie. Cette règle de conduite est considérée comme une morale, car, dans l’accomplissement des innombrables politiques publiques, c’est par ce procédé conciliant, que dans leur grande majorité, les gouvernés reçoivent l’idée salvatrice des politiques en question et consentent librement, à ce que ces mêmes politiques soient conduites en leurs faveurs. À défaut, cela ne se ferait que difficilement, à l’occasion d’initiatives populaires, ou dans le pire des cas, dans les limites de luttes ardues par essence.
Après les augmentations récentes des tarifs douaniers, ou dernièrement encore, celles des prix des documents de l’état civil, beaucoup auprès de la population des îles Comores, tout comme dans la diaspora, auraient accueilli favorablement ces majorations en question, pour le moins que les recettes nées de cette énième ponction, serviraient à améliorer le système de santé des îles, répondraient à la crise sanitaire provoquée par la COVID-19, ou encore, permettraient de toute urgence, l’acquisition de vaccins en grande quantité, de manière à immuniser sans tarder, les habitants de l’archipel.

Las d’être bercés par l’utopie d’un pouvoir politique perfide, ceux qui se soucient du devenir commun, diront sans osciller que ces perceptions iront sans détour alimenter les comptes des indignes de la Nation, mais surtout, l’illusion de leur émergence à l’horizon immédiat.
Depuis décembre 2020, suite à la désignation de l’actuel occupant de Beit-Salam au poste de deuxième vice-président de l’Union africaine et donc, membre du nouveau bureau de la Conférence de l’Union africaine, le régime en place dans nos îles, pavoise en bombant le torse. Ce récent collège réunit un président, Félix Tshisekedi, de la République démocratique du Congo, avec une troïka de Chefs d’État, Macky Sall, de la République du Sénégal, Azali Assoumani, de l’Union des Comores et Abdel Fatah Al-Sissi, de la République Arabe d’Égypte. Il n’y a pas de quoi paonner, car pour l’essentiel, ces personnes ont en commun, l’indignité, la fonction et la mistoufle, à savoir, des imposteurs, des autocrates et des traites. Dans leurs pays respectifs, ils sont « bien mal élus » au poste de Chef de l’État, ils sont sans égal pour bafouer les principes et les droits fondamentaux, pour finir, ils ont chacun trompé leurs prédécesseurs pour accéder au pouvoir, Joseph Kabila au Congo Kinshasa, Abdoulaye Wade au Sénégal, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi aux Comores et Mohamed Moursi en Égypte.
De plus, face aux différentes crises que connaît l’Afrique, notamment celles qui touchent les secteurs sanitaires, sociales et d’autres liées à la pandémie actuelle, la réponse apportée par l’Union africaine a été juste infamante, humiliante et insultante, pour un grand continent qui baigne dans une abondance de ressources. Ne jugeant pas profitable d’unir leurs forces, afin de peser de leur nombre pour négocier et acheter adroitement aux meilleurs prix et avec de solides garanties, les doses nécessaires de vaccin contre la COVID-19, les pays membres de l’Union africaine ont raté le coche et une fois encore, leurs dirigeants demeurent blâmables.
Concernant l’Union des Comores, seul un accord de l’autorité nationale pourrait autoriser, auprès des fournisseurs, la commande de vaccins contre la COVID-19. À présent, devant ce lourd fardeau qui depuis des lustres, porte sur une absence criante d’une politique de santé publique aux Comores et face à un dispositif de riposte, insuffisant et suranné, n’absorbant aucunement cet impératif qui tend à organiser l’éradication de la pandémie, en s’obligeant de parvenir à un niveau suffisant d’immunité collectif, bien entendu avec le recours massif à la vaccination par injection, d’un niveau important de la population, « ye maji ya hondre nkomiyo », comme dit le proverbe. Il faut en déduire que seule une résolution populaire, favorable à une vaccination volontaire et sans délai, pourrait faire chuter le taux d’incidence et redonner à la population, sa vie sociale d’antan, son habituel semblant de vie économique et l’espoir un jour, de vivre en liberté, dans un État de droit soucieux du bien-être des siens.
Dans les premiers moments de la crise pandémique, autant que faire se peut, la population s’accommodait aux mesures torturantes du gouvernement, mais celles-ci durent depuis trop longtemps. Sans motif sérieux, le peuplement de l’archipel endure d’innombrables règles qui portent atteinte à leur liberté. Incessamment sous peu, cela fera un an que la population des îles Comores vit sous un couvre-feu permanent. Comment comprendre ces restrictions qui, il faut le dire, sont en complète inadéquation avec la situation présentée par les autorités. Les souverains du régime, ainsi que leurs partisans, répètent à tue-tête que la crise pandémique n’affecte pas outre mesure les îles Comores et au même moment, ils répandent à tout-va, un

flot de messages déclarant la situation sous contrôle. C’est un nouveau paradoxe œdipien, loin d’être théorisé par Freud, mais ridiculement porté par les narcissiques du régime.
Sans sauter du coq à l’âne, mais toujours dans la droite ligne de solutionner la crise sanitaire actuelle, il est notable que dans l’ordonnance n°19-001/PR, portant budget de l’État au titre de l’année 2019, les recettes publiques internes du budget général étaient de l’ordre de soixante-quatre milliards. Le fonds de contrepartie secteur santé a été doté d’un montant n’excédant pas cent soixante-trois millions, à peu près, 0,25 % des recettes publiques et dans le même temps, trois milliards, sous forme de subvention pour un appui financier, sont accordés à la MA-MWE. L’acquisition des nouveaux groupes électrogènes donne matière à bien des réflexions, car déjà, tout laisse à penser qu’il subsistait une flexibilité budgétaire, propre à dégager une somme susceptible de supporter l’achat de sérums COVID-19.
Compte tenu de l’urgence sanitaire, ne serait-il pas utile un temps et pertinent pour une fois, de rediriger vers l’acquisition de vaccins COVID-19, la totalité de cette subvention, ainsi que, les pensions, les prestations de services, les recettes d’ordre et les fonds, d’entretien routier, de réduction des risques de catastrophes naturelles et FOCAD ?
Dans la logique où les vaccins seront obligatoires et payés par la population comorienne, car, comme dit le dicton, « bure, anli », dès lors, les sommes perçues rembourseront sans peine l’État comorien et qui à son tour, les réaffectera vers les différentes charges dont elles sont allouées initialement, et cela, afin de garantir leurs bonnes exécutions, même en retard.
Il sera tout de même important de préciser aux alarmistes, que les arrières de salaires sont une seconde nature dans l’administration publique comorienne. Par sentiment du devoir et souvent avec bonheur, les fonctionnaires n’ont jamais jeté le manche après la cognée, de plus, ils ont toujours su faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Voilà pourquoi, retarder les salaires d’un mois, ne serait les contrarier au-delà de la normale, en bons Comoriens qu’ils sont, ils connaissent trop bien la valeur de la vie, car pour eux, « ukana muwo udjisa. »
Les traitements et salaires dépassent les deux milliards de francs comoriens, ce qui équivaut à deux cent mille doses et plus, pouvant amplement suffire à vacciner plus d’une centaine de milliers de personnes et en premier lieu, les agents de l’État, leurs familles et leurs parents.
Il faut aussi se rendre compte d’une chose assez ahurissante. En pleine période de crise pandémique dans l’archipel, comme si de rien n’était, un ministre de l’actuel gouvernement comorien, au sens de l’humour aiguisé et au caractère effronté, a cru bon de conduire une délégation en Inde, le géant mondial de la production de vaccins. Mais le comble de l’ironie, c’est qu’il n’y est pas allé pour négocier l’achat du vaccin indien, VaccineMaitri, absolument pas, ce fût juste pour lui, une belle occasion de visiter « Aero India », le salon aéronautique indien, et au passage, décaisser auprès du trésor public, l’indemnité prévue pour tous les frais quotidiens d’un représentant officiel, en déplacement dans l’exercice de ses fonctions.
Soit dit en passant, en la matière, ce ministre est coutumier du fait, puisque ce n’est pas la première fois qu’il est pris la main dans le pot de confiture. En réalité, jusqu’à récemment, ce personnage assez farfelu, binational, député, puis ensuite, ministre de l’Union des Comores, s’est arrangé, dans son pays d’origine, la France, pour se faire reconnaitre comme étant un

Français sans ressource suffisante et de ce fait, dans les conditions pour percevoir des aides financières ponctuelles, allouées à la population de France dans le besoin.
Tourné aussi en ridicule pendant plusieurs jours par son village natal, le ministre chargé dans le temps, de la lutte contre la propagation du virus aux Comores, s’est octroyé un répit temporaire, en concédant à sa localité, la somme de deux cent mille francs comoriens, pour la rénovation de la route du village. Au passage, cela représente vingt vaccins COVID-19.
Alors, si le Chef de l’État, son gouvernement et l’ensemble du régime actuel pouvaient faire cet effort notable et salutaire de contribuer personnellement à l’achat de vaccins, on aurait sans nul doute, trente mille doses, puisqu’ils sont plus d’une centaine à bénéficier de salaires mirobolants et indécents, pour le Comorien moyen. Il serait donc honorable pour eux, de se priver temporairement d’un salaire et se voir gratifier par plus de trente mille vies sauvées.
Voici, exposée des pistes ubuesques pour le financement des vaccins. Elles sont caricaturales et toutes portent sur une difficile imbrication des charges incompressibles de l’État. Du coup, elles impactent son fonctionnement, étant donné les contraintes excessives, tant pour l’État, que pour ses agents, ou encore pour la population comorienne.
Au-delà de ça, il faut savoir qu’un autre pas du géant de Mâle a été aperçu à Moroni et alors, ce serait plus qu’un crime de lèse-majesté que remettre en cause les efforts consentis par les autorités actuelles qui en grand renfort de communication, garantissent enfin aux agents de l’État, le payement de leurs salaires, tous les 25 du mois. Mais quel dévouement est-ce donc de se vanter rétribuer des méritants et qui à ce propos, ne récoltent pas davantage les fruits de leurs durs labeurs ? Eh bien, Chef, hâbler ainsi, prouve votre suffisance et votre indignité, car de tels propos sont, ridicules, choquants et déplacés.
Sans vraiment analyser la situation et ses conséquences, le camp d’en face, qui pour l’instant aussi, ne voit pas plus loin que le bout de son nez, pourrait reprendre ces pistes prêtes à troubler et soulever les esprits de nous autre la populace. Il en tirerait certainement des arguments, en particulier, ceux exposant un manque de volonté réelle ou supposée de l’État, pour acquérir des vaccins COVID-19 et sortir de cette crise qui a trop duré.
À regarder de plus près, cet état d’esprit peu perspicace s’inscrit dans le cadre du populisme. En tant que responsable, il est bon de ne pas chercher à s’aventurer dans cette logique, afin d’éviter d’être catalogués comme d’étranges instigateurs de variables d’ajustement iniques. Au fond, priver la population de ses salaires, de l’eau, de l’électricité, des routes, j’en passe, et des meilleurs, désavantage les plus mal lotis, à savoir ceux qui n’ont pas caché d’argent sous le matelas, ceux qui ne connaissent pas particulièrement Salsabil, ceux qui ne disposent pas de panneaux solaires et ceux qui ne roulent pas en « 4×4 ». De plus, cette philosophie aventureuse peut rapidement inciter aux désordres. Ainsi, des troubles pourraient perturber la quiétude de ce régime et avec ça, leurs privilèges. À fortiori, les intérêts de ce petit groupe de personnes seront constamment défendus bec et ongles, par une répression acharnée des forces armées de la Nation, mais composées surtout, d’hommes et de femmes, sans notion de ce qu’est l’exercice du pouvoir, donc des mercenaires et des criminelles en puissance. Comme, feu Thomas Sankara l’avait si bien dit, c’est sans ménagement qu’une telle armée,

mate le peuple pour ses intentions d’affirmation ou de contestation. C’est probablement pour cette raison qu’à son tour, lui aussi, il a été trahi et tué par « ses frères d’armes. »
Néanmoins, il faudrait empêcher certains, de ne pas refaire le coup de Kenneth par exemple. Pour cette fois, les chiffres sont connus de tous et les autorités comoriennes devraient, non seulement être transparentes, mais elles devraient en plus, laisser passer la lumière. Le 22 avril 2020, il a été révélé que le conseil d’administration du Fonds Monétaire International, a approuvé « une aide d’urgence de 12 millions de dollars en faveur de l’Union des Comores afin d’aider le pays à faire face à la pandémie de COVID-19. » Le 10 novembre 2020, il a été révélé à nouveau que dans le cas des Comores, « la Banque africaine de développement accorde un appui budgétaire de 20 millions de dollars pour soutenir l’économie du pays et lutter contre le Covid-19. » Pour finir, le 10 décembre 2020, il a été révélé que la « Banque mondiale fournit 10 millions de dollars pour soutenir la réponse d’urgence à COVID-19 et le redressement des Comores. »
Donc, l’État comorien a reçu en 2020, un total de quarante-deux millions de dollars, soit plus de dix-sept milliards de francs comoriens, c’est-à-dire, assez pour commander dès le mois de janvier 2020, les doses suffisantes pour immuniser la population. Quid du flouse ? Ye feva? Vipi kuhusu pesa? What about the money? ¿Qué pasa con el dinero? فلوز؟ عن ماذا …etc.
« Ze habara salama na salimina. » Sans être révulsé par ces tocs et par la situation d’extrême pauvreté financière des Comores, qui au fil du temps va de mal en pis, il n’en demeure pas moins certain qu’en dépit des micmacs, le financement des vaccins COVID-19 peut être réalisé par des fonds propres. Ceci étant dit, il faudrait consacrer pour ce faire, une certaine orthodoxie conforme à la situation financière réelle du pays. En raclant les fonds de tiroirs de l’État, il est fort possible de voir surgir comme par enchantement, les ressources nécessaires pouvant permettre l’acquisition de doses du vaccin Janssen, à défaut, il y aurait un nouveau scandale et de quoi s’interroger sur la probité du régime.
En parcourant l’ordonnance n°19-001/PR, portant budget de l’État au titre de l’année 2019, on remarque à la section, budget d’équipements et d’investissements, en son article 13, les ressources sont estimées à quarante-quatre milliards huit millions de francs comoriens et en son article 16, les dépenses programmées sont évaluées à cinquante-neuf milliards six cent quarante-trois millions de francs comoriens. Ces dépenses sont planifiées sur de soi-disant
« ressources internes », d’un montant de vingt milliards six cent trente-cinq millions et sur un « financement extérieur », de trente-neuf milliards huit millions. Une petite correction doit être portée à l’article 16, étant donné que ce point porte sur les dépenses, il ne peut être fait état d’une quelconque ressource et donc en lieu et place de « ressources internes », il faudrait lire, « financement interne. »
Une fois cet éclaircissement apporté, l’analyse sommaire des différentes données indiquées dans cette ordonnance, laisse pantois et met en lumière des approximations troublantes, à défaut de pouvoir disposer depuis 2020, de tous les éléments substantiels, consignés dans un rapport du budget exécuté pour l’année 2019. Dans cette loi de finances, de deux choses l’une, soit les autorités actuelles sont hyalines, soit elles font preuve de probité absolue.

À l’article 16 de cette ordonnance, il est dit qu’une partie des dépenses sera assurée par des financements internes d’un montant de vingt milliards six cent trente-cinq millions de francs comoriens. L’origine de ces fonds propres mérite des détails approfondis pour démêler l’État de nos finances publiques.
Si ces vingt milliards six cent trente-cinq millions francs comoriens correspondent au report d’un excédent budgétaire de l’année précédente et qu’il a bien été consommé en 2019, cela voudrait juste dire que dans ce budget, les dépenses ont été supérieures aux recettes, qu’un déficit budgétaire a été créé au cours de l’année 2019. Il s’élèverait à quinze milliards deux cent quarante-deux millions deux cent mille francs comoriens, montant correspondant à la différence entre les ressources précisées à l’article 13, d’un montant de, quarante-quatre milliards huit millions de francs comoriens et les dépenses mentionnées à l’article 16, d’un montant de, cinquante-neuf milliards six cent quarante-trois millions de francs comoriens.
À ce stade, tout laisse à penser que ces financements internes, évalués à vingt milliards six cent trente-cinq millions de francs comoriens, étaient accessoirement, un artifice budgétaire déguisant l’incapacité de nos actuels gouvernants, à pouvoir réaliser des investissements sur fonds propres et laissant le soin aux institutions internationales, de supposer lire des efforts substantiels d’investissements, par les autorités comoriennes, pour ensuite, saluer cette part considérable de leurs ressources, dévolues aux financements de ces dépenses budgétisées. Mais, dans l’hypothèse où, il n’y aurait pas ici, d’affichage budgétaire, alors, pour ce seul cas de figure, cette gymnastique comptable serait absconse, ainsi, il faudrait motiver les trente- cinq milliards deux cent soixante-dix-sept millions de francs comoriens, affectés du côté des dépenses primaires, fléchés sur « biens et services, transferts et dépenses d’équipements. »
Si les instigateurs de cette affaire décousue persévèrent à tenir ce postulat qui écarte l’effet d’annonce budgétaire, tant mieux, puisque ce serait excellent pour l’Union des Comores et pour l’état de ses finances publiques. En effet, cela voudrait tout bonnement dire que ces vingt milliards six cent trente-cinq millions francs comoriens de ressources provisionnelles propres, n’ont pas été réalisées courant 2019. Ainsi, au dernier trimestre de cette année-là, il y a eu un excédent budgétaire s’élevant à cinq milliards de francs comoriens, correspondant à la différence entre les ressources du budget précisées à l’article 13, quarante-quatre milliards huit millions de francs comoriens et les dépenses sur financements extérieurs, mentionnées à l’article 16, d’un montant de trente-neuf milliards huit millions.
Cela devrait être une bonne nouvelle, puisqu’en matière comptable, forcément cet excédent budgétaire de l’année 2019 aura été reporté dans le budget de l’année suivante. Ainsi, les protagonistes du budget de l’année 2020, disposaient en fonds propres, d’une cagnotte de cinq milliards. Comme dit le bon mot populaire, « gouverner c’est prévoir » et l’affreuse pandémie de la COVID-19 s’étant déclenchée à la fin de l’année 2019, ces cinq milliards de francs comoriens pouvaient constituer un fonds prévisionnel de lutte contre la pandémie et ouvrant la voie à l’achat des futurs vaccins, annoncés déjà pour le courant de l’année 2020.
L’éradication de cette pandémie passe forcément par une campagne de vaccination massive. Pour l’heure, cette bataille doit s’appuyer sur la libre disposition de tout un chacun et elle ne porterait que sur un ensemble de volontaires qui sans attendre, souhaiteraient au moyen du

vaccin Janssen COVID-19, l’immunisation. L’expérience que mène actuellement l’Afrique du Sud confirme l’efficacité de ce sérum face à la variante « 501Y.V2 ». En comparaison, sur le plan de la conservation et de la manipulation, mais aussi, au niveau du rapport qualité-prix, ce vaccin est sans doute le plus approprié pour l’Union des Comores.
Au préalable, ces sujets prévenants et très précautionneux, s’acquitteront d’un seul montant forfaitaire qui couvrira la dose d’injection. Maintenant, l’un n’empêche pas l’autre, autant de fois qu’il souhaitera, un bon samaritain pourra donner des sommes équivalentes, pour que des proches, des camarades, voire même, des anonymes sans moyens, afin qu’également à leur tour et s’ils le désirent, ils puissent aussi bénéficier d’une couverture vaccinale similaire et surtout solidaire.
Aux îles Comores et essentiellement dans la communauté, l’esprit de corps et la fraternité s’expriment à travers la phrase, komori hatru pvwe fa mdru mdzima, wandru kwa vuzu mdro, wowu hala tranga.
Dans les quartiers, les villages et les villes, de l’archipel des Comores, mais à l’étranger aussi, il faudrait demander à toutes ces associations et à tous ceux qui sont intervenus dans le cadre de la lutte contre la COVID-19, de rejoindre le collectif « NIYA » et de reprendre leurs bâtons de pèlerins à dater du 22 mars prochain, de façon à assurer des permanences et faire du porte-à-porte, afin de réussir à lister toutes les personnes qui souhaitent, préalablement payer la somme de dix mille francs comoriens et recevoir la couverture vaccinale uni dose du vaccin Janssen COVID-19, commercialisé par le groupe pharmaceutique, Johnson & Johnson.
Pour chaque personne sur la liste, il sera obligatoirement établi une petite fiche médicale, avec l’identité (nom et prénom), l’âge, les coordonnées personnelles, les coordonnées des personnes à contacter en cas de problème, le médecin traitant, les antécédents médicaux, le groupe sanguin, les allergies, les maladies chroniques.
Une fois avoir recensé un minimum de cinquante mille volontaires et collecté auprès d’eux le montant correspondant aux cinquante mille doses de vaccins à acquérir pour leur compte, la somme collectée sera reversée à l’autorité gouvernementale qui dispose des prérogatives pour agir en de pareilles circonstances, c’est-à-dire normalement, la ministre de la Santé. Il va de soi que la somme récoltée sera remise par voie d’huissier, afin de parer à d’éventuels désappointements, causés par un insuccès dans l’approvisionnement des vaccins souhaités. Comme pour les autres pays, évidemment toutes proportions gardées, le ministère de la Santé, cordonnant également la lutte contre la COVID-19 aux Comores, pourra enclencher, au nom de l’État Comorien, le processus qui devra aboutir vers l’acquisition rapide de ces cinquante mille doses injectables et cela en attendant les vaccins du mécanisme onusien.
Le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Mali, le Sénégal sont quelques-uns des pays africains à avoir bénéficié des vaccins financés par le dispositif COVAX. Ils ont tous reçu le vaccin AstraZeneca/Oxford et respectivement ainsi, six cent mille doses, cinq cent quatre mille doses, quatre millions de doses, trois cent quatre-vingt-seize mille doses, deux cent mille doses. L’Afrique du Sud avait privilégié ce vaccin en achetant un million de doses pour les injecter à sa population et lutter contre la propagation du SARS-CoV-2. Malheureusement, le

vaccin AstraZeneca/Oxford s’est révélé inefficace contre le virus « 501Y.V2 », la variante sud- africaine de la COVID-19. Les autorités de la nation arc-en-ciel ont suspendu les injections de ce vaccin et elles ont décidé d’acheter le vaccin Janssen COVID-19. Très inspirés, le Ghana et la Côte d’Ivoire ont accepté les vaccins du mécanisme COVAX, mais, au même moment, ils ont passé commande et payé à un prix raisonnable, des doses du vaccin BBIBP-CorV de Sinopharm. Le Sénégal, les Seychelles, le Maroc, l’Égypte, le Zimbabwe, l’Algérie et d’autres pays africains ont privilégié aussi, l’achat des vaccins Spoutnik V et Sinopharm.
Les grandes puissances de ce monde se livrent une nouvelle guerre d’influence qui touche en particulier le secteur de la santé. Pendant longtemps, du fait de leurs savoirs, de leurs pratiques et de leurs techniques, ce domaine était le pré carré des puissances occidentales. Aujourd’hui, la Russie et la Chine ont considérablement rattrapé leurs retards et amélioré leurs standards, ainsi, à leur tour, ils entendent se tailler la part du lion dans ce business très gratifiant au niveau de l’image, et très lucratif. Aussi, par le truchement de cette nouvelle forme de coopération entre États, la diplomatie médicale a su faire ses preuves. Les pays comme la Russie et la Chine sont enclins à privilégier et à faciliter l’assistance médicale aux pays en voie de développement, mais aussi, à tous les autres pays du monde. La Chine a par exemple exporté deux cent milliards de masques. Maintenant, les sérums, Spoutnik V et Sinopharm, étant faciles à conserver, à manipuler et surtout pas cher, ces doses vaccinales sont devenues pour la Russie et la Chine, des nouvelles armes dans la géopolitique mondiale.
Dans le cas qui concerne l’Union des Comores, l’Agence Nationale des Médicaments et des Évacuation Sanitaires, « ANAMEV », devrait jouer pleinement son rôle dans la délivrance de certificat de libération des lots de vaccins. Seulement, étant au fait de sa situation véritable, il est utile d’apporter des conseils à cette agence de pacotille, afin qu’elle puisse remplir impartialement la fonction qui lui est dévolue, à savoir, contrôler avec précaution les vaccins disponibles.
D’ores et déjà, l’ANAMEV doit prendre conscience que les îles Comores ne sont pas un laboratoire à test et encore moins, un terrain d’expérimentation pour des petits génies en herbe ou pour des scientifiques en quête de reconnaissance internationale.
Une fois ce principe compris et accepté, l’ANAMEV pourra entendre de manière sereine, les recommandations de plusieurs autorités de santé, à l’exemple de celle de France, c’est-à- dire, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé, « ANSM ».
Il faut oser-le dire à tous, les pharmaciens comoriens privilégient beaucoup la Pharmacopée française et dans une de ses nombreuses activités, c’est l’ANSM qui veille à l’élaboration de cette ouvrage réglementaire, destiné aux professionnels de santé. Entre autres, l’ANSM est l’organe qui autorise la mise sur le marché des médicaments. Voilà pourquoi, cette agence s’organise de manière rigoureuse, puisqu’avant la commercialisation d’un lot de vaccins, elle procède à un double contrôle. Ceci est un gage supplémentaire de la sécurité et de la qualité des vaccins qu’elle valide. En effet, en plus de scruter les contrôles classiques réalisés en laboratoire par l’industriel, l’ANSM les associe à une revue critique des données de production et de contrôles fournies par le fabricant. Dès lors, en délivrant un certificat de libération, l’ANSM garantit la qualité, l’innocuité et l’évaluation de l’activité biologique des

lots de vaccins qu’elle a approuvés. Par ce procédé, elle est assurément en mesure d’avaliser le contrôle et la libération des lots de vaccins, pour la France et l’Europe, mais aussi pour les autres pays du monde, et cela, dans le cadre des programmes des Nations unies.
Comme il a été rappelé plus haut, concernant la variante « 501Y.V2 », largement répandue dans les îles Comores, le vaccin le plus efficace et qui dispose également du meilleur rapport qualité-prix, est le sérum uni dose, Janssen COVID-19 Vaccine. Maintenant, au vu des bonnes relations que nous avons avec l’Afrique du Sud, la France et les Etats-Unis, le gouvernement comorien pourrait s’adresser à ces différentes autorités pour au moins, s’enquérir du vaccin de Johnson & Johnson et au mieux, voir avec ces pays, les différentes possibilités de pouvoir acheter groupé le sérum uni dose, Janssen COVID-19 Vaccine, et ainsi, le payer moins cher.
Dans un autre cas de figure, à défaut de pouvoir échanger avec des homologues chevronnés, puis en prenant en compte toutes les conséquences, bonnes ou mauvaises, le ministère de la Santé de l’Union des Comores pourrait, se rapprocher de l’institut national de recherche Gamaleya, d’épidémiologie et de microbiologie, qui dans le cadre du vaccin Spoutnik V, saura fournir toutes les informations utiles. Il pourrait aussi, faire de même avec le vaccin BBIBP-CorV, du groupe pharmaceutique chinois Sinopharm.
Il semble opportun d’interpeler l’ensemble de la communauté nationale, vivant aux Comores ou à l’étranger, afin qu’il soit apporté des solutions concrètes et pouvant pallier l’aphasie des autorités comoriennes. Dans le même temps, il est vital pour la population des îles Comores, de prendre la mesure des choses et d’exiger rapidement un recours à l’immunisation, afin de se protéger et de protéger les autres contre cette infection. La vaccination devra se porter en priorité sur tous les sujets à risque, comme le personnel soignant, les personnes âgées, les personnes atteintes d’une maladie chronique ou d’une maladie fragilisant leur système immunitaire.
Il est indispensable d’affermir tous les esprits, à l’idée de parvenir très vite à l’éradication de la pandémie, au moyen de la seule solution disponible aujourd’hui, à savoir, la vaccination massive. Ainsi, espérant interpeller les bonnes volontés, dans l’archipel et à l’étranger aussi, le collectif « NIYA » sonne la sirène d’alerte, appelle à la mobilisation générale et se lance à la rescousse des Comores. Pour cela, le collectif « NIYA » sollicite le personnel médical, les professeurs, les étudiants, les employés, les cadres, la diaspora, les dévots, la notabilité, les personnalités, comme Damir Ben Ali, Docteur Abdoulhakim Mohamed Chakir, Mohamed Bajrafil, Docteur Saïd Bourhane Abdallah, Mohamed Ahmed-Chamanga, Mohamed Toihiri, Ali Zamir, Souef Elbadawi, Mahamoud M’Saidie, Djohar Abdou, Fundi Said Mohamed Mouhyiddine, Fundi Said Mohamed Djibril, Fundi Ahmed Aboubakar, Chamsoudine Ahmed, Abdoulghafar Maanfou, Ayad Bourhane, sans oublier les artistes, tels Salim Ali Amir, Chamsia Sagaf, Zaïnaba Ahmed, Soubi, Boina Riziki, Maalesh, Soprano, Cheikh Mc, Napoleon Da Legend, Alonzo, Dadiposlim, Vincenzo, Says’z, Nawal, Samra, Goulam, ou encore les sportifs, comme Amir Abdou, Nadjim Abdou, El Fardou Mohamed, Fouad Bachirou, Youssouf M’Changama, Kassim Abdallah, Yacine Bourhane, Chaker Alhadhur, Mohamed Youssouf, Ali Ahamada, Faïz Selemani et tant d’autres encore.

Il est réjouissant pour l’archipel, d’entendre l’engagement de Marcel Henry qui, en cette période de crise sanitaire, a eu une pensée touchante pour le peuple des îles Comores. En effet, ce doyen de la scène politique comorienne a su trouver les mots justes, pour apaiser les esprits de tous. Au-delà, du différend, de la fâcherie et de la désunion, qui gangrènent à profusion l’archipel des Comores, c’est la seule personnalité politique comorienne à avoir apostrophé publiquement l’ensemble des Comoriens, pour les adjurer de préserver la vie et l’esprit de solidarité usuelle des îles Comores.
La population de l’archipel n’excède pas un million cinq cent mille habitants et pour éclairer la lanterne des génies endormis qui nous gouvernent, il est bon de faire savoir que la France est parvenue à vacciner plus de cinq cent mille personnes, en un seul week-end. Mutatis mutandis, comme la locution le dit si bien, il faudrait déjà une volonté d’acquérir les vaccins, à cela, il faudrait rajouter la mise en place rapide, de dispositifs efficients devant permettre d’immuniser la population en masse, pour finir, il faudrait inciter les gens à se faire vacciner. Les Comores pourraient parvenir à atteindre l’immunité collective, à condition de vacciner la majorité des Iliens, pour ne pas dire tous les Insulaires. En vue de cela, il est impératif de viser l’objectif, d’acquérir progressivement, un minimum de trois millions de doses, Janssen COVID-19 Vaccine, devant être inoculées à l’ensemble de la population des îles Comores et cela, durant une campagne de vaccination devant s’étaler sur une année entière.
En conclusion, il faudrait préciser que ce programme ambitieux, de lutte contre la COVID-19, sera chiffré de façon précise, mais d’ores et déjà, il pourrait s’évaluer à hauteur de trente et un milliards de francs comoriens. Ce montant serait réparti de la manière la plus simple qu’il soit, à savoir, trente milliards de francs comoriens pour l’achat des vaccins et un milliard de francs comoriens pour le dispositif. Certes, pour le Comorien lambda, au vu des difficultés qu’il traverse, le montant total pour cette campagne de vaccination semble exorbitant, mais en réalité, il n’est rien en comparaison de la survie des îles Comores et de son peuple, car il ne pourrait pas être entendu comme arguments erronés, en disant que ces deux éléments représentent, le plus bel endroit sur la terre et la meilleure portion de l’humanité.

 

Docteur Achmet Said Mohamed.
Enseignant, chercheur, en chimie thérapeutique.

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