Un des pères fondateurs de la République, Ali Mdroudjé nous quitte à un moment très critique de notre histoire. Connu pour son élégance intellectuelle, morale et sociale, admiré pour son sens et sa pratique du mieux vivre ensemble et respecté pour son intégrité humaine, ce grand modérateur d’inter-générations va nous manquer terriblement.

Il a consacré sa vie à servir le pays. Dès son jeune âge, il a été un espoir de valeurs sûres pour incarner une nouvelle génération politique forgée sur l’enclume du combat démocratique en parfaite adéquation avec le pragmatisme des exigences alternatives.

Il faisait partie de cette minorité de conscience qui intègre la donne des rapports des forces dont l’impact majeur est l’alternance.

Il assumait la combativité contraignante de l’opposant, les responsabilités du gouvernant, la retenue du vainqueur et les conséquences des échecs.

Au pouvoir comme à l’opposition, il savait sauvegarder sa dignité patriotique et sa modestie légendaire. Il se reconnaissait, sans le dire, un objecteur de conscience politique ce qui faisait de sa ferme avicole, une véritable école d’éducation où nous allions analyser nos pratiques sociales. Son parcours est, en soi, une source de capitalisation d’expériences.

Expert en éducation, fondateur de mouvement politiques progressistes, ministre de l’éducation, ministre des affaires étrangères, ministre de l’agriculture et du développement rural, premier ministre, une riche carrière auréolée par un bel atterrissage, exploitant agricole et fondateur du premier groupement avicole du pays.

Mon premier entretien avec lui, c’était dans son bureau de ministre de l’agriculture et pour lui présenter mon rapport de travail en tant que chef de service des groupements des producteurs, à sa demande. J’étais impressionné par sa capacité d’écoute et sa force d’analyse. Mon dernier entretien avec lui, c’était dans le même bureau quand j’étais ministre de l’agriculture et lui en tant que producteur avicole.

J’étais impressionné par sa vision du développement du secteur avicole et les compétences de sa reconversion professionnelle. J’ai appris plus tard que ma nomination au poste de ministre de l’agriculture et de la pêche, c’était à sa demande. C’est de loin que je salue sa mémoire, son œuvre et relis les belles pages de son histoire. C’est une part de notre histoire qui se conserve dans son dernier demeure où son âme repose en paix.

Dini Nassur

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