le vendredi 23 avril 2021

Interview exclusive avec Madame Sittou Raghadat Présidente de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des libertés aux Comores.

Ortega Live : Vous savez bien que tous les Comoriens ont les yeux rivés sur vous au sujet de l’affaire Issa Mohamed Bobocha ?

Est-il vrai que vous avez rendu visite à Issa Mohamed Bobocha dans le camp militaire de Mde ou il est emprisonné ?
Sittou Raghadat : Pourquoi dites-vous que tous les Comoriens auraient ils les yeux rivés sur moi sur cette affaire. Je pense que les rôles ne doivent pas être inversés. Vous oubliez qu’il y a des autorités judiciaires, militaires, des avocats et enfin la commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés ? Oui effectivement je lui ai rendu visite ce jeudi 22 avril 2021 vers 10heures accompagnée de trois de mes collaborateurs.
Comment avez-vous trouvé Inssa MOHAMED (Bobocha) ?
Par rapport à la dernière fois que je l’ai vu, il a l’air affaibli et il s’ennuie terriblement de rester seul sans rien faire.
En plus il souffre de maux de ventre. Le médecin qui l’a examiné après notre première visite n’est plus revenu pour le suivi du traitement.
Vous l’avez trouvé affaibli et il vous a dit qu’il a besoin de soins. Qu’est-ce que vous avez fait pour répondre à sa demande ? Ma première réaction a été de contacter son fils pour rassurer sa famille. C’est très important
Ensuite comme nous le faisons après chaque visite d’un ou des détenus, nous allons vers les autorités compétentes pour faire le rapport de la visite ainsi que nos recommandations. J’ai également convoqué son avocat pour lui transmettre un message de son client et aussi savoir pourquoi il n’est pas allé voir ce dernier.
Combien de temps avez-vous passé avec Issa Mohamed dit Bobocha ?
J’ai passé un peu plus d’une heure trente minutes avec lui en présence de mes collaborateurs. Je vous rappelle que c’est la deuxième fois que je le vois en moins de deux mois. A ceux qui disent je suis allée le voir à cause de la vidéo, bien sûr que oui. Selon eux je devrais ne pas y aller ? C’est du n’importe quoi. je voudrais profiter de cette occasion pour vous dire que notre rôle ne se limite pas uniquement aux visites dans les prisons. Nous avons un calendrier bien défini pour les visites. Ce n’est pas une Commission Nationale des Droits des détenus uniquement.
Lors de vos échanges, Mr Issa Mohamed alias Bobocha était-il menotté ? les gendarmes ont-ils assisté à vos échanges ?
Non, il n’était pas menotté ni lors de ma première visite ni à cette deuxième. Les forces de l’ordre étaient là mais n’assistaient à notre conversation.
C’était la CNDHL et monsieur Inssa Mohamed Bobocha.
Ce dernier ne cessait de nous répéter qu’il ne subit aucune torture. Tout ce qu’il demande c’est le droit de visite par un membre de sa famille, qu’un autre médecin vienne l’examiner et le suivre dans les traitements et que son avocat vienne le voir. La CNDHL va faire ce qu’elle peut pour que ces droits soient respectés.
Merci d’avoir répondu à nos questions.
Propos recueillis au téléphone par : ©MOHAMED ABDOU HASSANI ORTEGA

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